Portrait de Jeanne, 23 ans, étudiante à Sciences-Po Grenoble en master 2, qui a été chargée d’implanter le réseau Entourage à Grenoble pendant 6 mois à l’hiver 2017-2018 !

Raconte-nous ta rencontre avec Entourage !

Quand j’ai vu l’offre de stage, j’étais intriguée mais je dois dire qu’au début, je n’ai pas compris ce que c’était ! Puis je me suis renseignée… et j’ai été emballée par la vision de la société proposée par Entourage. Ce qui me plaît, ce n’est pas simplement de faire des petites actions, mais qu’on initie un changement de fond, un changement de regard et qu’on transforme l’humain.

Je pense que chez Entourage, on est des idéalistes : on a une vision. On ne traite pas les problèmes de façon factuelle mais on revient à la source. On croit que c’est possible que l’exclusion n’existe plus !

Quelle est la spécificité d’une ville comme Grenoble ?

Grenoble, c’est une ville chaleureuse, à taille humaine ! Elle fourmille d’initiatives, il y a de nouveaux projets qui naissent en permanence. C’est une ville ultra dynamique, solidaire, sensibilisée aux personnes les plus fragiles. C’est aussi une ville accueillante avec les nouveaux étudiants qui arrivent chaque année.

Le tissu associatif est très soudé : les associations communiquent et collaborent, elles s’entendent bien.

“Grenoble ville la plus solidaire de France” : parle-nous de ce défi opération que tu as organisé !

Nous avons l’opportunité de présenter notre message de lien social et notre application lors de la 1ère édition du Festival “Transfo”, organisé par la French Tech in The Alps, qui propulse le numérique dans notre région. C’était l’occasion de dire que le numérique pouvait être au service de l’humain et de la rencontre.

Iris et Jeanne à la soirée de lancement du Festival Transfo le 18 janvier 2018

Lors de la soirée de lancement du festival dans l’immense salle de “La Belle Électrique”, Jean-Marc Potdevin, le fondateur d’Entourage a lancé un défi aux Grenobloises et Grenoblois : faire de Grenoble, ville la plus solidaire de France, pour qu’une vague de chaleur humaine déferle sur Grenoble !

Les 400 personnes présentes devaient télécharger l’application, et chaque jour on leur proposait une petite action simple pour oser la rencontre avec les personnes sans-abri. Par exemple le 1er défi de la semaine était de dire bonjour à une personne SDF, en souriant et sans détourner le regard. Le deuxième, d’oser demander son prénom. Le troisième de partager un café… On a eu des retours très positifs : ce défi a été déterminant pour propulser l’application et la pédagogie Entourage à Grenoble !

Ton plus beau souvenir sur ces 6 mois d’implantation à Grenoble ?

La rencontre entre Maxime et Thomas*, dont un est SDF et l’autre non, qui se sont rencontrés grâce à l’application et qui ont noué une réelle amitié. Ils se voient tout le temps !

Ca fait plaisir de voir qu’il y a une vraie entraide des deux côtés : d’un côté Maxime aide Thomas à faire ses CV, préparer ses entretiens, il va faire du sport avec lui, il lui présente ses amis… et de l’autre côté Thomas va aider Maxime à faire des travaux dans son appart, à réparer son vélo… Ils sont très à l’écoute l’un pour l’autre. Et cette relation est enrichissante pour les deux.

*les prénoms ont été changés

Jeanne, chargée d’implanter le réseau Entourage à Grenoble (à gauche)

Trois belles actions qui ont eu lieu sur le réseau à Grenoble ?

Il y en a eu plein ! Par exemple :

… Et puis il y a plusieurs amitiés qui sont nées grâce aux réseaux et qui durent encore aujourd’hui, comme Maxime et Thomas.

D’ailleurs, à quoi ressemblent les “apéros Entourage grenoblois” ?

On fait les apéros toujours au même endroit, à “L’Affût” (bar associatif). C’est important de conserver à chaque fois le même lieu : pour les personnes SDF, une fois qu’ils ont osé y aller, ils n’ont plus peur et ils s’y sentent bien. Ça devient vraiment un rendez-vous.

Il y a une trentaine ou une quarantaine de participants à chaque fois ! En fait, ce qui est dingue, c’est que les apéros rassemblent des personnes d’horizons très divers qui n’auraient jamais l’occasion de se rencontrer autrement : des retraités, des étudiants, des avec abris, des sans abris…Il y a une vraie mixité ! Ca permet aux gens d’expérimenter la rencontre avec des personnes différentes dans une ambiance chaleureuse ! Quand je croise une personne SDF, elle ne va pas s’intéresser au “moi social” mais à qui je suis vraiment. Quand on n’a plus l’avoir, on est vraiment dans l’être. Ça libère.

Un mot pour la fin ?

Osez la rencontre !

# # # # # # # # # #

27 mars 2018

Laisser un commentaire