Christine, en mécénat de compétence : « Ma formidable expérience chez Entourage »

En juillet 2019, Christine L. a réalisé une mission de soutien à la directrice communication en mécénat de compétences pendant 6 jours, via Pro Bono Lab et le dispositif « Citizen Skill » de L’Oréal où elle est salariée. Elle a souhaité partager son expérience pour inciter d’autres employés à franchir le pas !

Qui n’a pas des préjugés à déconstruire ?

En poste depuis 20 ans chez L’Oréal où mes activités me portent majoritairement à faire de la communication interne, je suis depuis pas mal d’années sensibilisée à tout ce qui touche aux activités de bénévolat : sportif, culturel, social, pédagogique, bref, ce ne sont pas les causes ni les aspirations qui manquent quand on est en quête de sens et de valeurs ! Professionnellement aussi, de plus en plus d’occasions de s’investir se présentent…

Parmi la pléthore de mails que nous recevons quotidiennement, un mail a attiré mon attention il y a quelques semaines : Soutenez une association avec vos compétences grâce à Citizen Skills. Kesako ? Un nouveau moyen de s’engager en partageant nos compétences pour aider une association…tout simplement ! Autrement dit, du mécénat de compétences qui invite tout collaborateur qui le souhaite à consacrer 2 à 6 jours à une association sur son temps de travail. Une expérience immersive façon vis ma vie.  Chouette ! une nouvelle expérience… prise en charge par l’entreprise. Une trentaine de missions sont proposées et les candidats n’ont qu’à choisir en fonction de leurs compétences, attirance pour la cause, du nombre de jours qu’ils souhaitent investir en faisant une petite lettre de motivation.

Je choisis une association qui s’appelle Entourage qui agit pour créer du lien social autour des personnes SDF. L’objectif est d’aider la responsable communication à structurer la communication et définir une stratégie pour 2020. Ça tombe bien, je fais de la com depuis 20 ans en mode projet donc ça devrait cadrer ! Un briefing en interne avec les parties prenantes permet aux candidats retenus de mieux comprendre ce qu’on appelle l’entreprenariat social, le pro-bono – c’est-à-dire « l’engagement de volontaires qui donnent du sens à leur activité en s’impliquant dans des initiatives d’intérêt général à titre gracieux ».

Je suis très agréablement surprise…

Je m’attendais à ce que j’ai connu jusqu’ici : du bénévolat souvent porté par des retraités pleins de bonnes volonté et de gentillesse mais avec un esprit pas forcément toujours optimiste ni très fonceur…

Premier contact avec Claire, la responsable com de l’assoc, au téléphone : elle est très vive et je retiens son énergie, son engagement, sa joie d’avoir « de l’aide ». Elle dépote. Ça promet…je suis ravie.

Manquerait plus que je ne sois pas à la hauteur !

Avant le jour J., j’épluche le site internet d’Entourage et toute la doc qu’elle me transmet. Manquerait plus que je ne sois pas à la hauteur. Je suis frappée par la grande richesse et diversité des supports de com. La créativité semble fuser de toutes parts. J’ai hâte et très envie ! Et puis tout s’enchaîne très vite et de façon très fluide en 3 fois 3 jours. L’accueil est très chaleureux. Claire est vive en effet, pimpante, accueillante.

Sur le terrain, je suis fascinée et admirative de constater le nombre d’actions concrètes proposées pour apporter des solutions au problème de la rue et faire connaître l’association (kits, soirées, application mobile, festival, pièce de théâtre, pubs Facebook, initiatives en tout genre). La variété des partenariats bien dans l’air du temps (influenceuses, Rock en seine, présence à VivaTech …) et le TEDx très inspirant du Président- Fondateur, Jean-Marc.

Côté formulation, slogan, taglines, c’est simple, toujours juste, impactant, positif, humain sans jamais tomber dans le pathos ou la moindre culpabilisation. L’humour dédramatise. Les problématiques sont fouillées. Qu’est-ce qui empêchent les riverains de saluer le SDF qu’ils croisent chaque jour en bas de chez eux ? (la gêne, la honte, l’impuissance, la peur qu’un bonjour soit mal interprété ?). Tout est approfondi en mode brainstorming, partagé, co-construit. C’est très pro, quoi !

Les petites victoires fusent régulièrement, les succès sont collectifs

Et puis une idée géniale, librement inspirée de LinkedIn, une plateforme « LinkedOut » pour pousser sur le réseau professionnel de ceux qui sont en poste, le profil de ceux qui cherchent un job. Car pas de boulot, pas de logement et sans logement, dur dur de travailler… Grâce à LinkedOut, Abdul a trouvé un job dans la restauration. « C’est génial, c’est ouf », les petites victoires fusent régulièrement, les succès sont collectifs, les ego n’ont pas la place de pousser (uniquement les avocats – private joke 😉 L’ambiance est familiale.

Au fur et à mesure des journées que je ne vois pas passer car je suis bien occupée et mes missions sont variées, j’apprends à connaître une équipe très jeune, très dynamique, passionnée, évidemment très à l’aise avec les réseaux sociaux. Ça fait un bien fou ! C’est possible de travailler dans un bain quasiment permanent d’enthousiasme et de positivité où l’on a l’impression que chacun bosse pour sa propre boîte.

Nous sommes sur la même longueur d’ondes

J’ai l’occasion de discuter avec une bonne partie de l’équipe, surtout lors des pauses déjeuners, je pose des questions à Noémie, en stage pour quelques mois, je reste une bonne heure avec la femme du Fondateur, Bénédicte, qui me partage son parcours. Je suis ravie de voir que nous sommes sur la même longueur d’ondes sur pas mal de sujets. Et puis il y a Nolwenn, qui cherche à structurer les ateliers de sensibilisation en entreprise, Clémence, responsable du programme ambassadeurs, Grégoire et Vaïté qui ont conçu et réalisé l’appli, Guillaume, chargé de médiation sociale, Caroline, en charge des partenariats sociaux, Lucie, directrice des opérations et aussi Flore qui s’occupe du fameux LinkedOut, les relais en province et tous les gens du Comité de la Rue, que je croise régulièrement au bureau ou lors du picnic tous les mardis midi d’été au Parc Monceau, Fabrice et ses 3 superbes labradors, Camille qui connaît Flaubert comme sa poche, Rachid, Mickaël, Gilbert.
NDLR : retrouvez toute l’équipe ici !

Une (toute petite) partie de l’équipe Entourage !

Les moyens sont limités mais l’énergie « no limit ».

Entre idéalisme et contraintes, valeurs humaines et recherche de fonds, les moyens sont limités mais l’énergie « no limit ». On y croit, on est ambitieux, courageux, on y va au culot souvent et c’est payant !

Les réunions d’équipe hebdomadaires tous les mardis matin avec les Régions sont courtes, rondement menées, pleines de bonne humeur. Une slide par personne de 1’30 chacun avec des rubriques qui semblent avoir fait leurs preuves : actus/infos à partager /mes priorités cette semaine / besoin d’aide/ mon « défocus » à éviter. On y parle d’une pièce de théâtre à Lille « Lettres sans abri », de pétanques solidaires à Garden Parvis et du Prochain Bivouac le 31 août….

Ces réunions laissent toujours de la place à des anecdotes personnelles qui fédèrent, détendent et personnalisent. J’ai l’impression d’entrer dans une grande famille, impression favorisée par la configuration des locaux : un grand appart sur la rue de Rome où cette dizaine de collaborateurs évoluent avec un management très flat quels que soient leurs profils : stagiaires, service civique, CDD, CDI, gens de la rue, administrateurs, co-fondateurs. Le mode agile, la solidarité et la confiance ont de beaux jours devant eux. Personne n’a de bureau attitré. Un grand plateau dans le salon fait office d’open space, on fait des conf call dans la cuisine, on change régulièrement de pièces en fonction des impératifs de chacun. Une véritable petite ruche avec des plages de calme et de concentration.

Mélanger technologie et solidarité, oui c’est possible. Etre efficace et garder ses valeurs aussi.

En tout cas, pas besoin de motiver les troupes ! Chacun se gère. Beaucoup de générosité et de professionnalisme. De la bienveillance, de facto. Du mode projet en effet mais pas de celui qui bride la créativité. Mélanger technologie et solidarité, oui c’est possible. Etre efficace et garder ses valeurs aussi.

Avec Claire nous avons le même langage pour parler de la com, des réflexes communs. De toute évidence, la productivité, la qualité, le sérieux et l’enthousiasme ne sont pas proportionnels à la taille de l’entreprise. On mutualise nos compétences et c’est riche ! On avance en mode test & learn et c’est chouette ! Au final, quel bol d’air frais ! Un vrai plaisir de découvrir les coulisses de l’entreprenariat social. De revenir aux fondamentaux que les méandres d’une grosse entreprise rendent parfois plus mal aisés à vivre. Créativité, action, réaction, résultats tangibles, célébration. Un cercle vertueux.

Le bonheur de se sentir utile autrement. Très vite mesurable. L’excitation d’être challengée aussi, par plus jeune, plus rapide, plus adaptable, plus connecté pour s’apercevoir heureusement … qu’on est toujours dans la course.

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Vous aussi vous voulez faire du mécénat de compétences ?

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Nous avons toujours besoin de personnes motivées et compétentes pour faire avancer le projet Entourage !


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